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O-soto-gari : le grand fauchage extérieur pas à pas

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O-soto-gari : le grand fauchage extérieur pas à pas

Grand fauchage extérieur en français, l’o-soto-gari est une projection de jambe : vous déséquilibrez votre partenaire vers l’arrière, posez votre pied d’appui à côté du sien, puis votre jambe tendue fauche la sienne par l’extérieur, cuisse contre cuisse. Uke bascule sur le dos et se reçoit en ushiro ukemi.

Où l’o-soto-gari se range parmi les projections

Le nom se lit morceau par morceau : o veut dire grand, soto extérieur, et gari renvoie au fauchage, le geste de la faux. Le décodage des autres syllabes figure dans l’article sur les familles de techniques et leur classement.

Le Kodokan, l’institut fondé par Jigoro Kano, publie la liste officielle des noms de techniques, relue le 27 octobre 2026. Elle recense soixante-huit projections, dont vingt et une ashi-waza, les techniques de jambe, famille du grand fauchage. Sa définition : faucher par l’extérieur la jambe droite d’uke avec la jambe droite, après avoir rompu son équilibre vers l’arrière.

Dans le gokyo, l’ordre d’étude révisé en 1920, l’o-soto-gari appartient au premier groupe, aux côtés de l’o-goshi, du seoi-nage et de cinq autres techniques ; il y figurait déjà dans la version de 1895. Il manque en revanche au nage-no-kata, dont la série des techniques de jambe retient okuri-ashi-harai, sasae-tsurikomi-ashi et uchi-mata.

Trois cousins partent du même geste : l’o-soto-otoshi, où la jambe glisse le long de la cuisse d’uke pour le faire tomber à la verticale, l’o-soto-guruma, qui barre ses deux jambes, et l’o-soto-makikomi, un enroulement que le Kodokan range parmi les sacrifices sur le côté.

Faire reculer le poids d’uke sur son talon

Tout le grand fauchage repose sur une direction : le coin arrière du côté attaqué. Pour un droitier, le but consiste à charger le talon droit d’uke au point qu’il ne puisse plus soulever ce pied. Une jambe qui porte tout le poids ne s’esquive pas : c’est elle que vous fauchez.

Les mains font ce travail. Hikite, la main de manche, tire le coude d’uke vers le bas et le ramène contre votre flanc ; tsurite, au revers, monte et repousse le haut du buste vers l’arrière, côté droit. Votre poitrine vient ensuite se coller contre la sienne et l’empêche de se redresser.

La garde manche et revers convient très bien à ce grand fauchage, et le guide pour gagner la saisie au kumi-kata aide à l’obtenir face à un partenaire qui la refuse. Seul, le tirage se répète avec une bande élastique passée autour d’un poteau.

Le moment favorable arrive quand uke avance la jambe droite et pose son poids dessus : elle reste chargée et immobile une fraction de seconde. Face à un partenaire campé sur ses appuis, le déséquilibre doit être plus franc.

Mains d’un judoka tirant une bande élastique passée autour d’un poteau

Pied d’appui et fauchage : le geste détaillé

Les repères valent pour un droitier ; un gaucher les inverse.

Le pas qui installe l’appui

Votre pied gauche se pose à l’extérieur du pied droit d’uke, tout près, sur la même ligne, orteils vers l’avant, genou souple. Ce pas porte tout votre poids et libère la jambe droite. Trop en arrière, il vous laisse à distance : la poitrine perd le contact et la jambe fauche le vide.

La jambe qui fauche

La jambe droite passe devant, le long de celle d’uke, puis repart vers l’arrière. Le contact se fait à l’arrière des cuisses, juste au-dessus du genou, pointe du pied tendue. Le fauchage continue vers le haut pendant que votre buste plonge vers l’avant, tête basse, comme les deux plateaux d’une balance.

Ce balancier donne sa puissance au fauchage extérieur. Un buste qui reste droit retire à la jambe sa force et vous laisse sur un pied face à un partenaire encore debout.

Les mains jusqu’au tatami

Uke tombe sur le dos devant votre jambe d’appui. Tenez la manche jusqu’à l’impact et remontez-la légèrement quand son dos touche le tapis : ce geste freine la descente et éloigne sa tête du sol. Restez debout, sans vous laisser tomber sur lui.

Les défauts qui font échouer le fauchage

Ces erreurs reviennent dans tous les groupes de débutants :

  • Le fauchage sans déséquilibre : uke reste planté et vous voilà sur une jambe, position rêvée pour son contre.
  • Le pied d’appui trop loin : la poitrine ne touche plus et la jambe balaie l’air.
  • Le buste qui se redresse : chacun tire de son côté, la projection tourne au bras de fer.
  • Le fauchage bas, talon contre mollet : le geste glisse sur la jambe d’uke au lieu de l’emporter.
  • La manche lâchée trop tôt : la chute n’est plus guidée, la tête du partenaire n’est plus protégée.

Un sixième défaut se voit moins : la jambe d’appui raide, talon décollé, qui vous met sur la pointe du pied au moment le plus instable du grand fauchage extérieur. Le correctif passe par le balancier seul, jambe libre lancée vers l’arrière et buste vers l’avant, jusqu’à tenir la position sans reposer le pied.

Judoka vu de dos en équilibre sur une jambe, buste penché vers l’avant et jambe libre tendue vers l’arrière

Une chute arrière à recevoir : ushiro ukemi et nuque

Cette projection produit une chute franche vers l’arrière, sans rotation. La réception s’appelle ushiro ukemi : uke rentre le menton, arrondit le dos et frappe le tatami avec le bras libre, l’autre manche restant tenue. Ces bases précèdent la première projection : l’article sur la chute arrière et les autres ukemi les décrit une à une. La nuque reste le point sensible : une tête qui part en arrière avant le dos rencontre le tapis.

La Fédération française de judo consacre une page aux commotions cérébrales, consultée le 27 octobre 2026. Elle rappelle que chutes et projections font partie de la pratique et cite une définition selon laquelle la commotion survient neuf fois sur dix sans perte de connaissance. Un judoka sonné après une chute arrière s’arrête donc, même s’il se relève aussitôt : la fédération prévoit un arrêt temporaire, un suivi médical et un protocole de reprise.

En compétition de jeunes, le règlement des Adaptations pédagogiques françaises, à jour au 21 septembre 2026, fait de la maîtrise de l’amplitude des projections arrière une règle de sécurité : l’arbitre juge cette amplitude d’après la ligne des épaules d’uke. Chez les benjamins et les poussins, il n’autorise ni sacrifices ni enroulements, ce qui écarte l’o-soto-makikomi.

Enchaîner et contrer quand uke résiste

Un partenaire averti sent venir l’attaque arrière et se penche vers l’avant pour la bloquer. En poussant contre vous, il charge ses pointes de pied, et un harai-goshi ou un uchi-mata part dans la direction qu’il vient de choisir. L’ordre inverse fonctionne aussi : une feinte vers l’avant fait reculer uke, et l’o-soto-gari arrive sur une jambe déjà chargée.

Quand uke retire la jambe visée, vous le suivez à cloche-pied, jambe toujours engagée, ou vous glissez vers l’o-soto-guruma.

O-soto-gaeshi, la riposte à connaître

Le Kodokan décrit l’o-soto-gaeshi comme un contre-fauchage : uke fauche à son tour, avec la jambe même qui était visée. Ce retournement naît presque toujours d’une attaque mal préparée. Uke, resté stable, absorbe le fauchage, tourne les hanches et renvoie la jambe de tori, qui se retrouve sur un pied, buste redressé. La parade tient dans les points déjà vus : déséquilibre réel, poitrine collée, buste penché.

Uchi-komi, nage-komi et place dans la progression

La répétition ajoute une difficulté à la fois :

  1. le balancier seul, pour installer la bascule du buste ;
  2. l’uchi-komi d’entrée, arrêté avant le fauchage ;
  3. l’uchi-komi complet, uke soulevé sur son talon sans être projeté ;
  4. l’uchi-komi en déplacement, uke avançant puis reculant ;
  5. le nage-komi à vitesse contrôlée, sur un tapis de réception épais pour les premières séries ;
  6. le randori à thème, où l’attaque se cherche dans le mouvement.

Épais tapis de réception bleu marine posé sur le tatami vert d’un dojo vide

Côté grades, France Judo précise sur sa page des niveaux de ceinture que, jusqu’à la ceinture marron, la décision revient au club et à ses enseignants. Le moment où ce fauchage extérieur entre dans un programme de passage varie donc d’un dojo à l’autre ; sa place dans le premier groupe du gokyo le fait en général arriver tôt, juste après les chutes arrière.

Un repère pour mesurer vos progrès : quand votre pied d’appui se pose à côté de celui d’uke sans que vous le regardiez, et que votre poitrine touche la sienne à chaque entrée, le nage-komi peut commencer.

O-soto-gari : questions de judokas

Quelle différence entre o-soto-gari et o-uchi-gari ?

Les deux techniques déséquilibrent uke vers l’arrière, mais elles n’attaquent pas la même jambe. Le grand fauchage extérieur passe par l’extérieur et fauche la jambe située du même côté, à l’arrière de la cuisse. Le grand fauchage intérieur glisse la jambe de tori entre celles d’uke et emporte la jambe opposée par l’intérieur, plus bas. Une attaque fait souvent réagir uke, et l’autre profite de cette réaction.

Comment se défendre contre un grand fauchage extérieur ?

La défense commence avant l’attaque : un poids réparti sur l’avant des pieds et des genoux souples rendent le déséquilibre arrière difficile. Si la jambe adverse est déjà engagée, uke recule le pied visé pour que le fauchage tombe dans le vide, ou tourne les hanches pour chercher l’o-soto-gaeshi. Jamais de pont sur la tête : le règlement jeunes de France Judo sanctionne la tête d’uke posée seule au tapis, volontairement, pour se défendre.

Un judoka plus petit peut-il placer un o-soto-gari ?

Oui, avec quelques ajustements. Face à un partenaire plus grand, la cuisse de tori arrive plus bas sur la jambe d’uke, et la poitrine touche moins haut. Le petit gabarit compense en entrant plus près, en cassant davantage l’équilibre vers l’arrière et en attaquant sur un pas, quand la jambe visée vient de recevoir le poids. Certains préfèrent alors l’o-soto-otoshi, sa variante qui fait tomber uke à la verticale.